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02/09/2010 07:45:04 AM
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EDITO
SEISME ET LYCEE SCHOELCHER
Le débat autour de la reconstruction du lycée Schœlcher a laissé plus de traces dans les esprits qu’on pouvait penser et porté préjudice à la campagne pour le 74.
En pleine campagne sur la question du statut, comme un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages, le maire de Fort de France a annoncé le refus du permis de construire du Lycée. Mais ça, c’est l’aspect politicien de la question, et c’est déjà le passé.
Le Président Marie-Jeanne, a annoncé de façon définitive l’abandon par la Région du projet de reconstruction du Lycée Schœlcher en en guise de riposte à ce qui a été considéré par lui comme une vraie conspiration de l’édilité foyalaise.
Le moment choisi par la Ville pour annoncer le refus de ce permis n’était pas favorable à la résolution de cette question, par le recours à des arguments de simple nature architecturale, de conformité à un plan d’urbanisme, mais sur fonds de querelle référendaire et des manipulations politiciennes qui l’ont accompagnée. En ce sens, notons en passant que Serge Letchimy et ceux qui le conseillent ont une fine connaissance des mentalités et qu’ils savent en jouer !

La donne aujourd’hui n’est pas la même. La catastrophe haïtienne devrait être l’occasion, sans démagogie, de revenir sur la question auprès de l’opinion publique.

Aujourd’hui, en effet, aucune collectivité, aucun responsable de la chose publique, ne peut accepter de rester taisant, s’agissant de la sécurité des biens et des personnes – ce qui serait criminel - en cas de séisme majeur.
Et cette analyse ne vaut pas seulement pour le Lycée Schœlcher. Il convient en effet à tout détenteur d’une parcelle de la puissance publique de procéder à l’inventaire du patrimoine immobilier dont il a la charge pour en mesurer la capacité de résistance au séisme sismique dont on ne peut plus mettre en doute le caractère particulièrement dangereux dans nos régions. Les conclusions scientifiques sont notoirement connues en ce sens…
Comme aux Plans d’Occupation des sols, remplacés par les Plans locaux d’urbanisme, avait été rajoutée la carte des risques, il faut maintenant envisager les risques que peuvent causer les bâtiments et aviser de l’attitude à adopter pour ceux de ces édifices recevant du public, qui présentent un caractère de dangerosité potentiel. Quand on a réalisé que la bétonisation des sols de ce pays, une urbanisation excessive et intensive avaient bouleversé la donne naturelle, provoquant des inondations inconnues jusque-là et des glissements de terrains fatals aux populations, des permis de construire ont bien été refusés là où pourtant les plans d’occupation avaient prévu une possibilité d’urbanisation.
Nous pensons donc que le Président de la Région doit inviter, avec beaucoup de solennité, tous les décideurs élus du Pays (Conseillers généraux et Régionaux, et conseil économique et Social, Association des maires) à une visite physique de l’actuel Lycée et ce avec l’accord du Chef d’établissement.
Qu’il faut ensuite inviter la communauté scolaire, les parents dont les enfants fréquentent actuellement le Lycée, et ceux qui le fréquenteront demain, à venir constater de visu, au delà des querelles politiques, la nature réelle du problème que posent les bâtiments à la lumière de ce qui vient de se passer à Haïti.
Il est nécessaire d’y associer les associations de parents d’élèves, le Conseil de l’Ordre des architectes, des personnalités qui militent depuis des années sur la question sismique tel Frankie Hubert, les services techniques des collectivités concernées etc.
La presse, naturellement devrait participer à l’événement pour donner le maximum de clarté au processus démocratique qui sera mis en œuvre.
Il s’agit du principe tout simple de gouvernance de précaution qui, à notre sens autorise la réouverture de ce dossier et contraint à la plus grande lucidité, pour aboutir s’il le faut à la fermeture complète de l’établissement.
Une telle attitude aura pour avantage de préserver la vie de milliers de personnes en cas de séisme et surtout de démontrer que la politique politicienne peut ne plus être le fléau qui frappe ce pays Martinique.
Gérard Dorwling-Carter.


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