Collaboration régionale : Banane Durable Caraïbes
Le premier comité de pilotage pour l’année 2010 du projet « Banane Durable Caraïbes » s’est déroulé à Ste Lucie les 12 et 13 janvier dernier chez NFTO* (National Fair Trade Organisation). Ce projet regroupe les producteurs de bananes de Saint Vincent, Sainte Lucie, Martinique, Dominique, Guadeloupe et République Dominicaine.
Les représentants des producteurs de bananes guadeloupéens et martiniquais étaient pour l’occasion accompagnés de Jean Iotti, directeur du Service Régionale de la Protection des Végétaux (SRPV) de Martinique.
Le sujet de la cercosporiose noire a été abordé en premier plan, suite à l’arrivée récente de la maladie à St Vincent et à sa propagation dans toute l’île de manière extrêmement rapide, mettant en péril la pérennité de la production bananière de ce pays.
Au sujet de cette terrible maladie des feuilles du bananier et à sa propagation dans l’arc antillais, le programme de coopération « Banane Durable Caraïbes » permet déjà de mieux coordonner les actions entre les îles. Des moyens nouveaux seront également mis en œuvre, permettant de mieux contrôler la maladie dans les îles déjà infestées (Saint Vincent et République Dominicaine) et de renforcer le dispositif de protection des îles encore indemnes (Sainte Lucie, Martinique, Dominique et Guadeloupe).
Concernant la protection des îles encore indemnes, le dispositif retenu comme modèle est celui déjà mis en place dans les Antilles Françaises et notamment en Martinique. Comme l’a expliqué Jean Iotti, il s’agit globalement de surveillance renforcé aux frontières et sur le territoire, ainsi que la mise en œuvre d’un plan d’action rapide et précis en cas d’infestation.
La mise en place de ce dispositif à Ste Lucie qui se situe dorénavant en ligne de front (voisin immédiat de Saint Vincent) sera validé mi février, lors d’une réunion regroupant le Ministère de l’Agriculture Sainte Lucien, le SRPV de Martinique, le Cirad, les représentants des producteurs de Ste Lucie et la filière banane de Martinique et Guadeloupe. Il est également prévu la mise en place du même dispositif en Dominique.
Par ailleurs, d’autres axes de collaboration se concrétisent avec un premier événement, programmé pour fin Mars en Martinique : la visite d’une vingtaine de planteurs et techniciens des Winwards et de République Dominicaine.
Ce sera l’occasion d’échanger sur les meilleures pratiques culturales et des modes de production durable. La visite à Sainte Lucie de 2 exploitations (12 et 2 ha) a une nouvelle fois permis de démontrer que les problématiques entre producteurs caribéens de bananes sont similaires. Par exemple, les mêmes questions se posent concernant les produits phytosanitaires : pour la production de bananes certifiée Fair Trade (commerce équitable) à Ste Lucie, l’utilisation d’herbicides est très limitée et le nombre de produits phytosanitaires autorisés est faible. Il faut donc mettre au point des pratiques culturales permettant de se passer de ces produits. D’autres thèmes de travail sont également dans le programme comme les nouvelles variétés ou encore la gestion de la fertilité du sol.
Des enjeux comme la progression de la cercosporiose ou encore le développement durable de la production bananière donnent tout leur sens à la coopération régionale caribéenne.
Sébastien Zanoletti.
Directeur Innovation et Développement Durable
* NFTO est le principal groupement de producteurs de Sainte Lucie (85% de la production). Pour information, Sainte Lucie a produit 38 000 tonnes de bananes « Fair Trade » en 2009 pour le marché anglais (commercialisées par WINFRESH ex WIBDECO).
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