Lancement d’un Plan banane durable pour l’ensemble des Caraïbes, créatuon d’un institut technique européen pour développer chez les producteurs européens de bananes les bonnes pratiques environnementales. Les bananiers caraïbéens et européens suivent l’exemple de ceux de Guadeloupe et Martinique qui ont lancé un Plan banane durable en décembre dernier.
Les producteurs de bananes des Caraïbes ont lancé le 22 juin un plan Banane durable Caraïbes, sous le couvert d’un programme Interreg piloté par l’Union européenne. Les groupements de producteurs des Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique) et des Antilles anglophones (Dominique, St Lucie, St Vincent et Grenade), se sont ainsi engagés à collaborer ensemble afin de mieux protéger l’environnement dans leurs pratiques culturales et à développer ainsi une filière durable.
Une coopération à l’échelle des Antilles
C’est la première fois qu’une collaboration est mise en œuvre à cette échelle. En 1996 les groupements de Guadeloupe et de Martinique avait lancé un programme qui leur a permis de réduire considérablement l’utilisation de la Chlordécone, un puissant pesticide très polluant. Dans la décennie qui a suivi, l’utilisation de ce produit est passée de 10 kg à 4,5 Kg à l’hectare. Et, en décembre dernier, les mêmes producteurs ont lancé avec l’ancien ministre de l’agriculture Michel Barnier, un plan banane durable doté de 100 M€ jusqu’en 2013. « Notre objectif est de diminuer encore de 50% l’usage des pesticides », explicait alors Eric de Lucy, le président des groupements de producteur des deux îles.
Les programmes Interreg sont lancés par l’Union européenne pour développer des coopérations entre régions européennes. Aux Caraïbes, le plan pour la banane est financé par la Commission, les collectivités régionales et les producteurs. L’objectif du projet « Banane Durable Caraïbes » est prioritairement de lutter contre la cercosporiose noire, une maladie qui s’attaque au fruit du bananier, en conduisant des recherches sur des variétés résistantes à cette maladie. La réduction des produits chimiques est aussi à l’ordre du jour du programme.
Création d’un centre technique européen
Par ailleurs les producteurs européens de bananes ont annoncé mercredi 1er juillet à Tenerife (Canaries-Espagne), la création d’un institut technique européen de la banane baptisé Musae, du nom latin du bananier. Le siège social de l’institut est hébergé à Rungis par l’Union des groupements des producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBAN), mais la structure fonctionnera comme une plateforme d’échange entre les producteurs européens des caraïbes françaises, des Canaries et de Madère (Portugal) réunis au sein de l’Association des producteurs européens de bananes. Un enjeu majeur de leur coopération sera d’assurer sur le marché européen de la banane où les européens pèsent pour peu (15% du marché), une lisibilité de leur produit à travers des critères qualitatifs devant leur apporter un avantage concurrentiel.
Ces critères reposent avant tout sur le développement d’une filière durable sur laquelle chaque pays est déjà engagé à des degrés divers. La France, qui a réduit l’usage des pesticides de 70% en dix ans a lancé fin 2008 un plan Banane durable avec l’aide de l’Etat. Le Cirad (centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et son homologue espagnol l’Institut de recherche agronomique des Canaries (ICIA), constituent les deux principaux partenaires scientifiques de la nouvelle structure.
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