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SOCIETE

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Déchéance de la nationalité : "Tout faux"

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Déchéance de la nationalité : "Tout faux" Par Marion Cocquet, pour l'équipe de modération Grenoble, le 30 juillet. Alors qu'il installe le nouveau préfet de l'Isère, Nicolas Sarkozy déclare souhaiter la déchéance de la nationalité française pour certains délinquants d'origine étrangère © AFP PHOTOS
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Selon un sondage Ifop pour Le Figaro du 6 août, les Français plébisciteraient les mesures sécuritaires du gouvernement. De quoi être surpris, à lire les centaines de réactions suscitées par le "discours de Grenoble" de Nicolas Sarkozy et son projet le plus polémique, la déchéance de la nationalité française pour les délinquants d'origine étrangère. Y domine, en effet, une brûlante opposition à des effets de manche jugés dangereusement ancrés à l'extrême droite. Avec une certitude : cette fois, le calcul politique est mauvais. "Je veux bien la rendre ma carte d'identité, avec ma médaille militaire. J'ai honte de ce pays..." (La honte) "Sidérés par le racolage éhonté du Président" (sébastien), "profondément choqués de le voir heurter les fondements de la droite républicaine chrétienne" (Ultrachoqué), vous parlez de honte, "d'obscénité" (kad), de sidération devant l'"ode au racisme et à la discrimination qui fleurit sur les lèvres de ceux qui devraient faire respecter notre Constitution et les droits humains" (Luciole). L'indignation, massive, est d'autant plus frappante qu'elle parcourt tout l'éventail des opinions politiques, jusqu'à toucher, parmi vous, les plus fermes partisans de politiques musclées. Car un seuil a été franchi : "Si auparavant les mots étaient sournois, les connotations péjoratives, non avoués mais suggestifs, aujourd'hui le mur est tombé. Nous sommes bel et bien au coeur du racisme avoué" (Hérodote). "Ce n'est plus la droite décomplexée, mais la droite extrêmement à droite... Peut-on être fier de cette France-là ?" (Oscar la canaille) "Un peu plus de mesure serait de bon ton, non ?" (jeanlouis) Depuis des mois, certes, vous répétez votre inquiétude devant l'aggravation des violences urbaines. Depuis des mois vous fustigez une "gauche angélique qui joue les saint Jean Bouche d'or" (algue), un monde médiatique frileux, une magistrature supposée acquise à la cause des délinquants, et parlez de "barbarie", de "sauvagerie", d'un climat de "guerre civile". Pour autant, vous n'attendez pas d'un président de la république qu'il "engage des propos et des arguments aussi violents, au risque de diviser les Français" (jeanlouis). Le politique doit se garder de "mesures démagogiques ou dictées par l'instinct et les passions : le 'désir d'ordre' doit se manifester par des mesures sans doute fermes, mais sages, mûrement réfléchies" (Rimb). Le discours de Grenoble devient ainsi l'archétype d'une politique "hasardeuse", qui oscille entre "intentions de légiférer irréfléchies" et "gesticulations du biceps" (Michel Schetter). "Des mots sans moyens !" (clerembard) D'autant que les mouvements de menton présidentiels supportent mal d'être mis en regard du manque chronique de moyens de la police et de la justice. "Combien de nouvelles lois ? Combien d'engagements, de promesses solennelles ? Mais de moins en moins de gendarmes et de policiers. Alors, comme on ne fait rien ou qu'on sabote ce qui existait avant on braille, on promet, on dit n'importe quoi" (annie bal). Les violences urbaines appellent certes une "sanction sévère", mais "à condition de la mettre à exécution, de construire des prisons, de multiplier le nombre d'éducateurs. Rien de cela n'est prévu parce que le budget ne peut supporter de telles dépenses. Alors toutes ces déclarations qui paraissent volontaires n'ont aucune réalité. On reste dans le verbe, la parole, le discours" (Lestoret). "Dans un pays qui ne peut pas faire appliquer un tiers des peines prononcées, toute nouvelle loi n'est que coup d'épée dans l'eau !" (clerembard). "On s'étripe au sujet des symptômes mais on ne soigne pas le mal." (Jeff) Vous allez plus loin : la société paye une dette de plus de trente ans, engagée par "l'irresponsabilité conjuguée de la gauche et de la droite" (mard) : celle de politiques d'immigration mal conduites et de banlieues abandonnées à la ghettoïsation. À esquiver leurs responsabilités, les politiques attisent les tensions, et font le lit de l'extrême droite. "Quand on a une violence endémique qui court sur une période de 30 ans et que l'on s'interdit certains sujets, certains mots pour l'analyser, on se condamne à l'échec ! Puisque le déni de réalité semble être encore l'apanage d'une partie de la classe politique, ne venez pas pleurer lorsque vous verrez une partie toujours plus importante se tourner vers les seuls partis qui osent parler des sujets que vous avez décrétés tabous !, s'exclame Irénée. Pour autant, "agir sur des conséquences, celles de l'inconséquence politique, [par] des mesures sécuritaires, vécues comme violentes, inégalitaires et inefficaces, ne résoudra pas ce qui ronge la société" (artus). "Fini la comédie !" (Al Bundy) Le diagnostic est alors sans appel : cette fois, la manoeuvre politique ne fonctionnera pas. "Les discours musclés n'y feront rien : l'élection de l'ancien ministre de l'Intérieur sur un programme sécuritaire n'a pas empêché les débordements" (ohlàlà). Vous attendez une politique efficace, de longue haleine, qui articule sanction et prévention. Mais attention, "la même morale doit s'appliquer à tous : délinquants, Roms, Courroye, Sarkozy, Woerth, Banier, Maistre... Si ce n'est pas le cas, comment faire confiance au Président pour le reste ?" (galuchat)


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Le :Wed 08/11/2010 à : 01:23 PM