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Rubrique :

ECOLOGIE; ECOLOGIE

Dossier :

ECOLOGIE

Titre :

2010 année internationale de la biodiversité, qu’en est-il ?

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2010 année internationale de la biodiversité, qu’en est-il ?

                                                                                   Par José NOSEL

                        

  Nous sommes, en 2010, pour quelques mois encore, dans l’année internationale de la BIODIVERSITE. Où en est-on ? Au plan international, national et local, sur cette question de la biodiversité, que certains considèrent comme une des questions essentielles, substantielles à l’extrême, pour l’avenir de l’humanité.

         Mais rappelons d’abord ce qu’est la biodiversité,

   Il s’agit de l’ensemble des formes de vie sur terre, dans toutes leurs diversités végétales animales et humaines.

Cette diversité de la vie, ou diversité biologique, se décline en trois niveaux 

                           -diversité des gènes ou diversité génétique

                            -diversité des espèces ou diversité spécifique

                            -diversité des écosystèmes ou diversité écosystémique

         Et nous avons eu l’occasion de dire, ici même, combien cette question de diversité du vivant était importante et critique.

          Il y a, en effet, disions-nous, une telle diversité d’espèces vivantes sur la planète, que beaucoup sont encore non « identifiées ». Mais surtout, pour beaucoup de ces espèces vivantes nous ignorons leurs rôles dans les chaînes du vivant ; en particulier leur role dans cette chaîne basique de nos écosystèmes, liant les producteurs, les consommateurs et les décomposeurs, que nous appelons chaînes trophiques, ou chaînes alimentaires. Aux dernières estimations, il y aurait 3,6 millions d’espèces animales, végétales, et autres micro-organismes sur terre. Certaines de ces espèces disparaissent ou ont disparu au cours des temps.

      La préoccupation : une accélération de la disparition de certaines espèces

    Mais, les spécialistes nous indiquent que l’on assiste, à notre époque, à une accélération de la disparition de certaines espèces, et donc à un recul de la biodiversité ; recul préoccupant, voire très inquiétant, pour certains. On nous dit même, que 1 million d’espèces vivantes pourraient disparaître dans les 50 prochaines années. Et que, ce déclin de la biodiversité serait donc une menace pour l’humanité. Ces perspectives sombres de déclin de la biodiversité concernent tous particulièrement 34 hauts lieux, ou points chauds, de la planète, appelés « hot spots » en anglais, dont, NOUS, dans la Caraïbes, nous faisons partie. On considère, en effet que ces 34 sites biogéographiques du monde, dont 6 concerneraient la France et l’outre-mer français, bien  que ne représentant, que 2,3% des espaces de la planète, abriteraient 50% des plantes vasculaires et 42% des vertébrés terrestres. C’est d’ailleurs à partir de l’évolution des 3 600 espèces de vertébrés, que les scientifiques mesurent le recul de la biodiversité ; avec un indicateur de l’état de la biodiversité que l’on appelle tout simplement « l’indice planète vivante », « living planet index » en anglais.

           Alors, où en est-on ?

                    Un traité international sur la biodiversité : la CDB

   Au plan international d’abord, la communauté internationale a pris cette question de la biodiversité tres au sérieux. Et l’un des points forts de cette préoccupation de la communauté internationale en direction de la biodiversité, au cours de ces dernières années a été la mise en place de  La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) ; un traité international adopté lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992.

             Ce traité sur la biodiversité s’est donné trois missions principales :

    -la conservation de la diversité biologique (ou biodiversité) ;

    -l' utilisation durable des éléments de la biodiversité

    -et le partage juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources

            génétiques

Chaque pays doit se donner comme objectif, de développer une stratégie nationale pour la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique. La stratégie nationale pour la biodiversité étant considérée comme le document clé de la stratégie de développement durable pour un pays.

      Ce traité, entré en vigueur le 29 décembre 1993, a été signée, à ce jour, par 170 pays. Et son secrétariat siège à Montréal.

          Année internationale et journée mondiale de la biodiversité

     Et s’il est beaucoup question de cette convention en 2010, c’est parce que l’ONU a décrété 2010, année internationale de la biodiversité ; et qu’en plus, en 2010 a été mise en place pour la 1ère fois, la journée mondiale de la biodiversité. Cette journée mondiale de la biodiversité a été fixée, chaque année le 22 Mai. Une date qui, pour nous, à la Martinique, est plus que symbolique ; puisse que c’est, avec le 8 mai, l’une des deux dates qui en ce mois de mai marquent, deux puissants basculements de l’écologie de ce pays.

             Mais, pour en revenir à la communauté international, celle-ci bute dans les négociations sur la question de la juste et équitable répartition, entre pays du nord et pays du sud, des charges de la nécessaire préservation de la biodiversité , mais aussi des bénéfices de l’exploitation raisonnée des ressources de la diversité génétique.

       Biodiversité et diversité culturelle

  Je note que la liaison entre diversité biologique et diversité culturelle est déjà réalisée chez certains. Je pense, en particulier aux organisateurs de cette conférence tenue récemment à Genève, sur Diversité bio culturelle et développement endogène . Au cours de cette conférence, des gens comme le français Alain Lipietz, a pu développer, en compagnie de personnalité comme Rigoberta Manchu , ou Jean Ziegler , ses thèses sur la défense de la biodiversité, de la diversité culturelle et de ce qu’il appelle les droits des peuples indigènes sur la propriété intellectuelle de la biodiversité .

     Ceci pour dire que, la préservation de la biodiversité, aussi indispensable soit-elle ne peut se faire au détriment des traditions, de la culture des gens du pays. Mais il faut reconnaître que certaines traditions culturelles peuvent être contraire à la préservation de la biodiversité. Comment compenser l’abandon d’une tradition, parfois centenaire, voire millénaire, qui construit la vie des gens d’un territoire, aujourd’hui, au profit de la préservation d’une espèce, pour l’avenir et les générations futures. La communauté internationale est en recherche de solution à cette très difficile et vitale question

            Intenses agitations internationales sur la biodiversité

 Pas plus tard que le 3 septembre dernier, à Genève,  les ministres et hauts représentants de onze Etats réunis, ce vendredi- la, lançaient un appel pour une nouvelle politique en matière de biodiversité.

Il s’agissait d’une réunion organisée à l'initiative de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique. Réunion, en prélude, en quelque sorte à la Conférence internationale sur la biodiversité qui réunira plus de 190 Etats, du 18 au 29 octobre prochain à Nagoya au Japon. Ce sera un des points forts de l’année internationale de la biodiversité.

                    Cette année 2010 est marquée par une quantité assez extraordinaire d’évènements placés sous l’égide de la biodiversité.

   Il vous suffit d’aller sur le site internet de la France dédié à cet événement, sur www.biodiversité2010.fr, pour vous en faire une petite idée.

               Au plan national, en effet, la biodiversité c’est aussi une affaire qui marche. Même si, et nous avons eu l’occasion de le dire, l’Union internationale pour la conservation de la nature(l’UICN) a pu critiquer vertement la France pour ses insuffisances en matière de biodiversité, en Outre-mer , en particulier. Cet Outre-mer qui regroupe près de 80% de la biodiversité française.(NB, la France a depuis signée une convention avec l’UICN…sur la biodiversité). Mais la France a adopté, des 2004, sa stratégie pour la biodiversité. La biodiversité est un des piliers du Grenelle de l’environnement ; il existe une Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, qui regroupe 8 des plus grands organismes de recherches en France.

       Une  visite sur le site « biodiversité2010.fr » s’impose donc ; d’autant qu’un lien existe avec ce qui se passe chez nous ; où, sur le plan local, la Direction Régionale de l’environnement, coordonne les très nombreux événements qui chez nous, aussi, marquent cette année internationale de la biodiversité

           Il vous aurait été difficile de toute façon de prendre part à toutes les manifestations locales nationales ou internationales placées, en cette année 2010 sous l’égide de la biodiversité comme :

L’Inauguration par l'UNESCO à Paris d'une exposition sur la biodiversité., en janvier

La Journée mondiale des zones humides le 2 février

La Journée internationale des forêts le 21 mars

La Journée mondiale de l'eau le 22 mars

La Semaine du Développement Durable en Avril

La Fête de la nature, en Mai

La Journée Mondiale de la Biodiversité le 22 mai

La Journée mondiale de l'environnement le 5 juin

Les Journées de la Mer du 4 au 8 juin

La Journée mondiale des océans le 8 juin

La 10ème Conférence des signataires de la Convention sur la diversité biologique à Nagoya (Japon) du 18 au 29 octobre ; etc ,etc.

     Concours, colloques sur la biodiversité

          Mais il vous est encore, peut-être possible, de participer aux nombreux colloques et concours organisés à cette occasion :

Le concours national, organisé par Natureparif, visant à élire la ville qui sera désignée« capitale française de la biodiversité », par exemple, ou

Le concours photo de la Diren Martinique, sur le thème de la biodiversité ; celui du Parc national de la Guadeloupe ayant déjà eu lieu.

Sinon vous pourrez participer au colloque sur la biodiversité le 8 novembre prochain, organisé par la Diren Martinique, à Madiana ; pour ne signaler que ces quelques évènements.

            On verra, si après tout ce raffut sur la biodiversité en 2010, on pourra dire, sur le plan international, au moins qu’après 2010, « la biodiversité a commencé à cesser de reculer » ; tandis que sur le plan local, « nous avons commencé à mieux tirer partie de notre biodiversité, vers de nouveaux horizons de développement endogène pour notre pays »   

                                                                                      Fort de France le 6/09/10

                                                                                     Nosel.jose@wanadoo.fr 0


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Le :Wed 09/08/2010 à : 05:10 AM