| Crises économique et sociale se conjuguent pour faire de 2009 une année difficile au plan économique. Produit intérieur brut, commerce extérieur, trafic de marchandises, nombre de touristes, nombre d’emplois et taux de chômage : la plupart des indicateurs se dégradent. Cependant, les prix restent sages et grâce au statut de l’auto-entrepreneur créé en début d’année, la création d’entreprise atteint un niveau record.
En 2009, le monde et la France ont été touchés par une profonde récession. Le Produit intérieur brut (PIB) mondial baisse de 0,6%. Les économies avancées sont les plus touchées (-3,2 %) et le PIB français décroît de 2,6 %. En France, le taux de chômage atteint 10 %, en hausse de près de 2 points.
En Caraïbe, la situation est contrastée, les pays à forte vocation touristique sont touchés par le recul de la demande européenne et nord-américaine.
Malgré le soutien de l’Europe (220 millions d’euros de fonds européens sont programmés en 2009), la Guadeloupe n’échappe pas à cette crise économique. De plus, au premier trimestre 2009, l’archipel est touché par un mouvement social de très grande ampleur (44 jours de grève au total). Ces deux crises, économique et sociale, ont des conséquences importantes.
En 2009, le produit intérieur brut (PIB) de la Guadeloupe baisse de 6,3 %. C’est la conséquence de l’arrêt des deux moteurs historiques de la croissance de l’archipel : l’investissement chute de 12,2 % et la consommation des ménages se replie de 3,3 %. Dans le même temps, les importations régionales baissent de 22 % et les exportations (hors énergie) de 11 %. Au port autonome de Guadeloupe (PAG), le trafic de marchandises est en recul de 16 % et celui des passagers de 4 %. En termes d’investissement, les chefs d’entreprise adoptent un comportement attentiste. Les ménages ont moins recours au crédit à la consommation. Les ventes de véhicules neufs diminuent de 4 %, les occasions de 12 %. En 2009, 670 nouveaux logements sociaux sont proposés à la location. Avec une hausse de 0,2 % sur l’ensemble de l’année (contre 2,2 % en 2008), les prix restent sages en Guadeloupe. Conclu à la fin du mouvement social, l’accord sur les prix, a entraîné une baisse marquée dans la grande distribution.
Le tissu économique guadeloupéen s’enrichit de 4 970 nouvelles entreprises, 16 % de plus qu’en 2008. Un record lié à la mise en place du nouveau statut de l’auto-entrepreneur, à l’origine du tiers des créations d’entreprises. On crée son entreprise pour créer son emploi ou son complément d’emploi. Dans le commerce, seuls 28 % des créations commerciales relèvent de l’auto-entreprise.
Le marché du travail se dégrade en 2009. Près de 61 000 demandeurs d’emploi sont recensés en Guadeloupe ou dans les Iles du Nord, un chiffre en hausse de 11 % par rapport à 2008. Les jeunes et les seniors sont les plus touchés, respectivement +16 % et +25 % en un an.
Au deuxième trimestre 2009, en Guadeloupe, le taux de chômage des 15- 64 ans est de 23,7 %. Les emplois sont de moins en moins nombreux et les jeunes en pâtissent le plus. Seuls 8 % des 15-24 ans travaillent et 60 % d’entre eux sont au chômage (+4,5 points en un an). Un diplôme est souvent perçu comme un atout contre le chômage, sans doute un espoir pour les 1 230 nouveaux bacheliers de l’enseignement professionnel.
Les résultats de l’agriculture et des IAA sont contrastés : 53 000 tonnes de bananes ont été exportées vers l’Europe, un tiers de plus qu’en 2008. Perturbée par le mouvement social et de mauvaises conditions météorologiques, la campagne sucrière n’a pas été à la hauteur des espérances des producteurs. La production locale n’est pas encore très visible ni accessible : c’est ce qui ressort d’une enquête réalisée auprès des Guadeloupéennes.
Pour le secteur du tourisme, 2009 a été une mauvaise année : le nombre de touristes métropolitains a diminué de 16 % et celui des clients des hôtels homologués, de 30 %. Les Iles du Nord sont également touchées.
La Guadeloupe se préoccupe de son environnement. Un schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) a été signé en 2009. Promouvoir une gestion durable de cette ressource rare constitue l’un des axes principaux. Une orientation dont ne pourront que se louer les parents des 5 400 enfants nés en 2009, un chiffre encore en diminution par rapport à 2008.
En savoir+
http://www.insee.fr/fr/insee_regions/guadeloupe/themes/ae_bilan/aes73ga/aes73ga.pdf
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