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Parution :

Meetaw 140

Rubrique :

SOCIETE; SOCIETE; SOCIETE; SOCIETE; SOCIETE; SOCIETE; SOCIETE; SOCIETE; SOCIETE; SOCIETE

Dossier :

société

Titre :

Réflexions de Léon Saint Prix...

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LSP A GDC Le 5 septembre 2010 Merci de ce moment de fraîcheur. La lecture de Antilla me fait voyager en dehors du temps et de l’espace. C’est une ballade dans la mémoire qui me confronte à moi-même. Elle me ramène à l’immutabilité de notre pauvre condition sous le soleil. Tout change mais rien ne change. Nous autres créoles nous aimons le cerf-volant qui nous ballade dans les nuages ; mais nous refusons de voir le fil dont la tension assure la portance nécessaire à tout le système et qui conditionne ses simagrées. « L’estomac mon cher » disait-on de mon temps, avec le clin d’oeil complice qui suggérait que nous n’étions pas dupes de nous mêmes, parce que toujours conscients de la dictature du « grêle. » Il fallait s’attacher les reins, en créole bien sûr ! Ce qui m’a frappé à la lecture de l’édition du N° du 2 septembre de Antilla, se ramène à quelques points singuliers qui incitent à la réflexion . Il est écrit : 1) La planète vit à crédit depuis le 21 août 2010, au lieu du 25 septembre en 2009. L’étau se resserre. Ce qui doit arriver arrive. Les allemands, instruits par l’histoire ont su préserver leur Etat, le Bund qui veille jalousement aux intérêts de l’Allemagne, l’ensemble avant les sous ensembles. Avec leurs excédents ils portent beau. En France, la disparition de l’Etat a laissé la place aux sous- ensembles singuliers, chacun pour soi. Nul ne peut soutirer un € des collectivités riches, pour aider les pauvres comme avant, au nom de la Nation. Quid pour nous autres antillais, dans cette perspective ? 2) Il manque 15 000 visiteurs par saison à l’Aqualand du Carbet. Pourquoi ? Quelles conséquences en tirer ? Que faire pour y remédier ? Le cadavre du Méridien dominant la magnifique baie de Fort-de-France borde le cimetière des rêves inassouvis. Nous ne savons pas que tout est lié, corrélé, interdépendant. Nous ne pouvons à la fois pousser vers les lotissements de pavillons touristiques dans le Sud, et espérer la même clientèle à l’Aqualand du Carbet. 3) Le lobby de l’import est cause de bien des malheurs. Mais y a t-il un lobby contraire qui assurerait une opposition dialectique, propre à éclairer la démarche collective ? Par exemple une pression de l’offre locale propre à créer les conditions de l’équilibre. L’impression prévaut de ce que la production indigène a été sacrifiée de propos délibéré , si l’on peut dire 4) Sans compter qu’il y a l’octroi de mer qui constitue le principal moteur de l’importation. Plus on importe, plus ça rapporte – plus de 40 % des recettes publiques. C’est le cœur du problème, cause de notre inadaptation au réel, aux sources de bien des malheurs. Il devra disparaître au 1er janvier 2014, et le punch aidant, nous continuons de faire semblant. 5) Il y a encore le problème des 40 % de la vie chère, dont la cause est inscrite dans le paysage. Y a-t-il une réponse ? C’est difficile et hasardeux : le beurre l’argent du beurre et le sourire en plus. Ce qui nous ramène aux grèves de 1952 / 53. (merci de les rappeler dans le même numéro.) Au sortir de la guerre la France était en ruines et nous dans la misère . Qu’avons-nous fait depuis 60 ans pour éviter ce genre de calamité ? Rien, sinon accélérer dans la descente. Le non-dit, c’est que le secours devra tomber du ciel, ce qui n’interdit pas la pose de l’indépendantisme qui consacre son homme en haut du cerf-volant, Moi tout seul ! J’ai apprécié la tirade de Claude Lise à propos de la dengue qui appelait à définir « quelles sont les responsabilités de chacun sous « l’égide de l’Etat ». Le C. G. ne veut pas baisser son niveau d’intervention. Ce que nous voulons, c’est que notre rôle soit bien délimité. » Doux Jésus qu’en termes galants ces choses-là sont dites ! Depuis 1982 les collectivités locales s’administrent librement ; sans entrave de l’Etat. Elles sont dotées de compétences générales ; leurs élus peuvent tout faire à leur guise. C’est la Décentralisation qui, avec la nationalisation de l’appareil économique, a permis à la France de franchir « la ligne qui sépare l’ombre de la lumière.» Jack Lang n’a pas dit dans quel sens. Résultat, l’Etat a disparu du paysage social, chassé en dehors des frontières de la France. S’il faut bien comprendre, le C.G. ne veut pas baisser son niveau d’intervention….Mais rien ne l’empêche de l’augmenter. Dès lors où serait le problème ? Apparemment d’une contradiction l’autre, l’idée tendrait à ce que dans « ce rôle délimité, » le Département renonce à un espace de compétence, et les élus à quelques prérogatives propres, pour faire une petite place au retour de l’Etat dans les affaires locales. « Asseyez-vous donc M. le Préfet ! » Rassurons nous, c’est le drame que vit la France si douloureusement, mais le cynisme y est plus manifeste. J’ai eu un peu d’émotion à la lecture d’un article relatif à Yves Henri Psyché, probablement apparenté aux compagnons de mon enfance et adolescence, à l’époque où nous étions « les frères de la côte », selon la formule de celui que nous appelions Féfé. Les temps étaient très durs ; on était probablement plus conscients et plus sages qu’aujourd’hui. Nous avions à subir plus violement la dictature du grêle.


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Le :Sat 09/04/2010 à : 03:53 PM