Les échanges relatifs à l’évolution institutionnelle de la Martinique se concentrent principalement sur le choix d’un article de la Constitution. La dimension économique, plus précisément la politique économique est reléguée au second plan. Les seuls chiffres qui circulent concernent l’article suprême , 73 pour les uns, 74 pour les autres. Et le débat s’articule hélas entre la Peur, et l’Aventure.
Après le discours du président de la République prononcé à l’aéroport Aimé Césaire, il faut souhaiter que des échanges passionnants et passionnés s’articulent autour des options économiques qui se présentent. Dans cette chronique et celles à venir, nous proposons à nos lecteurs, des données économiques laissées en jachère.
La dimension européenne
Selon les résolutions approuvées par le congrès des élus, la Martinique devrait rester une région ultra périphérique au sein de l’Union européenne, contrairement à Saint Pierre & Miquelon, ou la Polynésie ou la Nouvelle Calédonie. Cette option n’est pas neutre. Pourquoi cette option qui limiterait les possibilités fiscales notamment ? Les élus, les citoyens martiniquais peuvent opter pour une orientation plus ouverte de leur collectivité pour avoir une plus grande maîtrise de la fiscalité, du foncier notamment.
Si ce statut de RUP n’est pas retenu - c’est un choix qui peut être fait par les citoyens martiniquais – il faudra trouver des ressources comparables pour financer des infrastructures ou développer des activités. Ces fonds européens ont permis de réaliser des projets ou de soutenir des activités économiques devront être compensés par d’autres ressources. Et ce statut de RUP n’est pas neutre pour la banane, exit RUP, exit préférence communautaire, adieu compensation financière, et c’est l’arrêt dans sa forme actuelle de cette spéculation.
Selon le bilan 2007 de l’Etat, les dépenses de l’Union Européenne ont représenté la bagatelle de 280 millions d’euros. Les aides ne se limitent pas à la construction d’infrastructures (comme la Maison des syndicats !), elles concernent la formation, et des secteurs économiques dont l’agriculture.
En ce sens, nous restons fidèles à un principe gaulois toujours démenti par les faits, l’intendance suivra.
Pour la Période 2007 – 2013, la Commission européenne, l’Etat et la Région Martinique ont conjointement arrêté les sommes prévues au titre du Fonds de Développement Régional (FEDER). Ce document est consultable sur le site Internet de l’Union Européenne.533 millions sur une période de six années, cela fait en moyenne annuelle 88 millions d’euros au titre du FEDER. En contrepartie de cet appui financier, nous sommes censés obtenir les résultats suivants :
Concernant le Fonds social Européen, les sommes prévues s’articulent comme suit :

En ajoutant les 88 millions annuels du FEDER aux 16 millions annuels du FSE, on obtient 104 millions d’euros. Mais il ne faut pas oublier le plan de développement rural de la Martinique. L’Europe doit apporter 100 millions d’euros pour la période 2007 – 2013.

En simplifiant à l’extrême, si la Martinique choisit de ne pas être une région ultrapériphérique, elle devra mobiliser environ 120 millions d’euros pendant six ans pour équiper ou moderniser son tissu économique. Pour y parvenir, deux options peuvent être employées : les taxes ou l’emprunt. Nous examinerons prochainement ces deux options.
A moins d’opter pour des choix économiques radicalement différents, et la campagne électorale qui s’annonce devrait permettre d’en connaître les contours
 

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