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Parution :

Meetaw 114

Rubrique :

POLITIQUE

Dossier :

REGIONALES

Auteur :

Margaret TANGER

Titre :

REGIONALES 2010 : LA FIN DOIT-ELLE TOUJOURS JUSTIFIER LES MOYENS

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REGIONALES 2010 : LA FIN DOIT-ELLE TOUJOURS JUSTIFIER LES MOYENS ? 

Par Margaret TANGER, Présidente du Parti Chrétien-démocrate 

La récente consultation sur le statut de la Martinique a accentué le désarroi de la  classe politique depuis qu’elle a été confrontée à la démonstration populaire de février 2009. On était en droit d’espérer un travail d’introspection, nécessaire pour traiter en profondeur les causes de ce désaveu. L’approche des régionales accentue au contraire le sentiment que certains sont prêts à toutes les compromissions pour remporter cette course au pouvoir.  

Sollicité entre autres par le chef de file de « Rassembler la Martinique », le Parti chrétien-démocrate avait envisagé de participer aux régionales au sein d’une liste désireuse de prendre en compte les voix des Martiniquaises et des Martiniquais qui ont exprimé leur scepticisme à l’égard d’un projet de collectivité unique amenée de manière aventureuse. S’agissant d’une collectivité régionale chargée principalement du développement économique du pays, on pouvait s’attendre également à ce que les colistiers se soient préalablement rencontrés et entendus sur un certain nombre d’idées pour l’élaboration d’un projet. Or, à aucun moment au cours des discussions qui se sont déroulées, il n’a été question d’exposer ni de débattre de propositions pour favoriser la relance de la Martinique. L’obligation de récompenser les compères d’hier et d’aujourd’hui, et de préparer les allégeances de demain semble l’avoir emporté sur le souci d’assurer le bien commun de nos compatriotes. 

Devant cette triste réalité qui n’élève pas le débat politique martiniquais, il faut rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont préféré  la probité aux tractations douteuses pour un numéro de liste. Lorsque la distinction n’est plus possible entre ce qui relève du politique et ce qui ne l’est pas ; Quand le choix de conduire une liste n’est plus motivé par une perception de l’avenir incluant une volonté sociale dans une recherche d’efficacité économique, il vaut mieux se retirer dans la dignité.   

L’élaboration d’une liste régionale suppose un acte collectif de la part d’individualités qui, partageant au départ des valeurs communes, décident d’unir leurs compétences au service d’un projet dans l’intérêt de leurs compatriotes. La sincérité et l’efficacité d’une telle démarche imposent que l’intégrité morale de chacun soit préservée et leur potentiel pleinement pris en compte. Or, dans un parfait mépris de ces valeurs démocratiques, il est trop souvent attendu des candidats qu’ils s’abandonnent corps et âme à l’arbitraire d’un chef de file. 

A cet égard, l’observation des listes qui ont été déposées en Préfecture illustre bien, à quelques exceptions près, ce mouvement de sauve-qui-peut électoraliste qui gagne les uns et les autres. Ce constat présuppose les marchandages qui ont cours s’agissant de diverses prébendes. Tandis que certains visent les postes les plus « appréciés » des commissions ; d’autres de manière plus politicienne s’emploient d’ores et déjà à négocier leurs candidatures aux futures élections législatives et sénatoriales. Quelle part de respect pour la population et de considération pour l’électeur à l’insu duquel certains se croient autorisés à conduire ces manœuvres ? 

D’aucuns avancent que ces pratiques relèvent de la stratégie électorale, toutes les manœuvres seraient ainsi autorisées pour emporter la victoire ; La fin justifierait donc les moyens ! Alors que des milliers d’êtres humains manifestent tous les jours pour réclamer plus d’éthique en matière commerciale, économique, financière et sociale, le personnel politique serait le seul à pouvoir continuer à manœuvrer pour abuser l’opinion sans que personne n’y trouve rien à redire.  

Pour ce qui me concerne, forte des principes moraux qui guident mon action en politique, j’ai choisi de privilégier la considération de mes compatriotes en refusant de me faire complice de menées secrètes et équivoques destinées à induire l’électeur en erreur, voire à détourner son vote.  

Les Martiniquais qui ont le sens des valeurs et des réalités, sont bien conscients des torts que ces comportements de basse politique causent à notre pays dont l’avenir est plus que jamais hypothéqué. Il faut croire qu’au moment de se  retrouver dans l’isoloir de leurs bureaux de vote, ils sauront user de cette liberté d’esprit et de ce sens des responsabilités qui les caractérisent.  Le temps est maintenant venu de regarder plus loin, de viser plus haut, en d’autres termes de concevoir pour notre pays de plus grandes ambitions. 
 


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Le :Fri 02/19/2010 à : 06:27 PM