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Parution :
Meetaw 114
Rubrique :
DEBAT INSTITUTIONNEL
Dossier :
DEBAT INSTITUTIONNEL
Titre :
DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
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Extrait d'article de Marianne fr ’Outre-Mer ? Sous le tapis ! Nicolas Sarkozy s’est échappé deux jours de l’autre côté de l’Atlantique, trois visites d’une poignée d’heures en Haïti, Martinique puis Guyane, avant de revenir à Paris. On comprend qu’il besoin d’une baignoire de relaxation dans son Airbus présidentiel. Il faut se préserver. Sarkozy accumule les miles comme un président en campagne pour sa réélection. En Haïti, son homologue ne voulait pas parler du passé colonial. Le protocole fut maladroit, tant le pays est dévasté. René Préval n'avait pas l'esprit à ça: « nous pleurons nos morts ». Nicolas Sarkozy a quand même joué sur la corde de la repentance. Son discours express sur place louait le passé commun entre la France et Haïti. Cette posture compassionnelle et historique sied bien à Nicolas Sarkozy : elle permet de rappeler très opportunément les liens particuliers qui lient les deux pays, à un moment où la France s’est faite marginalisée sur place dans la gestion de l’aide internationale : les Etats-Unis ont pris le contrôle des opérations de sauvetage, le premier ministre canadien a grillé Sarkozy de 24 heures en visitant Port-au-Prince dès lundi, le Canada a proposé la construction d’un site administratif provisoire, une idée que Sarkozy voulait reprendre à son compte. Le Monarque français s’est donc contenté de promettre 326 millions d’euros d’aide « exceptionnelle ». En fait, cette enveloppe intègre les 20 millions d’aide annuelle, 56 millions d’annulation de dette (qui pourrait croire qu’Haïti pourra rembourser ?), 24 millions d'euros d’aide d’urgence déjà délobée, 65 millions d'euros de contribution française à l'aide européenne, et 100 millions d’aides complémentaires pour les années 2011 et 2012. Nicolas Sarkozy ne voulait pas attendre la prochaine rencontre internationale sur Haïti le 31 mars. Le narcissisme sarkozyen a encore frappé. Sarkozy ne peut s’empêcher, quel que soit le sujet, de tirer la couverture à lui. Ce voyage « historique » a été occulté par la grosse bourde de Marie-Luce Penchard. La ministre de l’Outre Mer, tête de liste UMP en Guadeloupe pour les élections régionales, a expliqué dans un meeting public le week-end dernier que ça lui « ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe », en parlant des subventions accordées aux territoires ultra-marins. La Guadeloupe plutôt que la Martinique, la Guyane ou la Réunion. Même à l’UMP, ce cri du cœur clientéliste d’un membre du gouvernement fait grincer des dents. « Il faut la virer » a demandé l’ineffable Patrick Balkany. Le cumul des mandats induit cette schizophrénie électorale. La confusion des genres est manifeste. Nicolas Sarkozy évite le sujet. Il pense à ses élections.
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Le :Mon 02/22/2010 à : 06:02 AM