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Parution :

Meetaw 113

Rubrique :

ECOLOGIE

Dossier :

ENVIRONNEMENT

Auteur :

Eoliennes du Vauclin

Titre :

Énergies revenouvelables: le «oui mais» de l’Assaupamar

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Énergies revenouvelables: le «oui mais» de l’Assaupamar
13-01-2010

MARIGOT. Eoliennes et ferme solaire, l'association écologique donne un avis défavorable
Les élus du Marigot se sont prononcés à la fin du mois de décembre sur une procédure de révision simplifiée du Plan d’occupation des sols (Pos) en vue de l’implantation d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques dans différents quartiers de la commune. Ils ont donné leur feu vert pour le projet de ferme photovoltaïque et pour les éoliennes de Morne Dury et Dehaumont mais pas pour celles de Fleury et Bellevue (voir notre édition du 2 janvier).
Lorsque l’association de sauvegarde du patrimoine martiniquais (Assaupamar) se positionne quant à elle clairement contre ces projets portés par deux promoteurs distincts (la société An Avel Braz pour les éoliennes et Quantum énergie Antilles pour les panneaux photovoltaïques). «Nous sommes favorables au développement des énergies renouvelables mais pas au détriment de la production agricole» déclare Arthur Trébeau, secrétaire général adjoint de l’Assaupamar. « Le projet en question prévoit d’installer onze hectares de panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles polluées au chlordécone, or les terres agricoles comme les zones naturelles protégées n’ont pas vocation à recevoir des centrales solaires, poursuit-il. Si elles sont polluées, un processus de dépollution doit être mis en œuvre. C’est d’ailleurs l’un des objectifs du plan chlordécone initié par la préfecture.»
« Préserver à tout prix les terres agricoles »
Les responsables de l’association écologiste indiquent par ailleurs que le devenir des déchets des panneaux en fin de vie - soit plus de 100 000 m2 – n’est évoqué nulle part dans le dossier. Autre réserve soulevée : le fait que « des incertitudes sérieuses demeurent sur la possibilité de mener à bien des cultures sous les panneaux photovoltaïques ». « L’INRA a récemment formulé un avis en ce sens », souligne Arthur Trébeau.
Concernant le projet d’implantation des quinze éoliennes, l’Assaupamar déplore le fait qu’il n’y ait pas eu d’étude d impact précise concernant la faune, la flore et les activités humaines.
Arthur Trébeau et ses camarades font par ailleurs remarquer que l’implantation de certaines éoliennes est prévue en zone rouge au plan de prévention des risques naturels ce qui pose, selon eux, « de sérieux problèmes de sécurité pour les habitations situées non loin. »
Autre interrogation : le fait qu’aucune évaluation exacte de la superficie de terres agricoles stérilisées n’ait été effectuée.
« Toutes les éoliennes prévues dans le cadre de ce projet doivent être implantées en zones classées agricoles au Pos et en zone à vocation agricole de protection forte au Sar (NDLR, schéma d’aménagement rural), observe Arthur Trébeau. Aujourd‘hui il ne reste que 26 000 hectares de terres agricoles alors qu’on en aurait besoin de 40 000. Chaque année, mille hectares supplémentaires disparaissent ! »
« Dans ces deux projets, martèlent les membres de l’Assaupamar, le « renouvelable » est en contradiction avec le développement durable. »
Une logique purement financière Depuis quelques mois, les projets d’implantation d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques fleurissent dans différentes communes de l’île, une tendance que l’Assaupamar malgré son engagement pour le développement des énergies renouvelables ne voit pas d’un bon œil. « Nous craignons que la multiplication de ces projets entraîne une aggravation de la pression immobilière sur le foncier agricole. Ils représentent pour les propriétaires une manne financière inespérée. Ces derniers parviennent par ce biais à louer leur terrain à un prix inabordable pour l’agriculteur. Dès lors les jeunes exploitants ont de plus en plus de mal à trouver des terres pour s’installer. Le risque est que nous assistions à une chute vertigineuse de l’activité et de la production agricoles, à l’accentuation des importations et de la dépendance alimentaire et à l’augmentation du nombre de chômeurs ! » Pour l’Assaupamar, ces projets répondent à une « logique purement financière ».
L’association écologiste prône l’élaboration d’un plan global d’énergies renouvelables pour la Martinique et le développement de l’énergie photovoltaïque mais exclusivement sur les toitures. Arthur Trébeau rappelle par ailleurs l’une des préconisations du Grenelle de la mer, à savoir la nécessité de « privilégier les Dom comme zones de déploiement précoce des technologies d’énergies marines (NDLR, transformation de l’énergie des courants, exploitation de l’amplitude thermique entre la surface et le fond des océans) afin d’éviter les pertes de surfaces agricoles.
B.Laxalt
(*)Institut national de la recherche agronomique.
Source : Express NORD - ATLANTIQUE
A lire également pour rappel :
Bientôt des éoliennes à Grand-Rivière ? Pas sûr...
Dossier : Foncier agricole en péril à la Martinique
ASSAUPAMAR
http://www.assaupamar.org 8 February,

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