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Parution :

Meetaw 94

Rubrique :

ECONOMIE

Dossier :

social

Titre :

La grande distribution épinglée dans les DOM

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L'Humanité Outre-mer . L’Autorité de la concurrence relève « des écarts significatifs » sur les prix des produits « importés » de France. Volonté de désamorcer la mobilisation à laquelle appelle le LKP le 3 octobre prochain ? La secrétaire d’État à l’Outre-Mer, Marie-Luce Penchard, a reçu lundi Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de la concurrence, après le sévère avis rendu par cette institution le 7 septembre dernier sur les « mécanismes d’importation et de distribution des produits de grande consommation dans les départements d’outre-mer ». des accords tacites Dans un texte de 63 pages, cette autorité administrative indépendante relève que « des écarts significatifs existent entre, d’une part, les prix des produits « importés » de métropole et vendus dans les DOM et, d’autre part, les prix de ces mêmes produits vendus en métropole ». « Couplée aux inefficacités dé- coulant des caractéristiques - intrinsèques des marchés domiens, la faiblesse des mécanismes concurrentiels explique en grande partie l’observation de prix plus élevés dans ces régions qu’en métropole », note-t-elle. Dans de nombreux cas, ajoute l’avis, « l’addition des charges de fret (et autres frais de manutention) et d’octroi de mer n’est pas en soi suffisante pour expliquer l’ampleur des écarts de prix ». L’autorité de la concurrence épingle, enfin, « des pratiques (…) susceptibles de recevoir la qualifi- cation d’ententes anticoncurrentielles ». En clair, les - oligopoles dans l’import-distribution favorisent les accords tacites pour maintenir les prix à un haut niveau et la « pwofitasyon » dénoncée par le mouvement social aux Antilles et à la Réunion est un fait avéré. Alors que le LKP, en Guadeloupe, et le Collectif du 5 février, à la Martinique, accusent l’État de « ne pas tenir ses engagements » après les accords signés en mars dernier, Marie-Luce Penchard fustige « les abus de positions dominantes et les ententes existantes » et en appelle à des « sanctions ». « Le marché est libre évidemment, (…) mais ce marché, il doit respecter un certain nombre de règles, ce n’est pas la loi du plus fort. Il appartient à l’État (…) de réguler le marché et de faire respecter les règles pour que le consommateur soit protégé et qu’une concurrence équitable puisse s’exercer », insiste la secrétaire d’État dans un communiqué. Avant de réitérer des promesses déjà entendues pendant la grève générale, mais jamais tenues : le recours aux « observatoires des prix et des revenus » et la « réorganisation » des services de l’État pour détecter « les pratiques qui entravent le bon fonctionnement du marché ». le lkp crée des « brigades des prix » Ces déclarations d’intention suffiront-elles à contenir la colère ? C’est peu probable. En Guadeloupe, le LKP a annoncé la création de « brigades des prix ». Mardi dernier, lors d’un meeting à Pointe-à-Pitre, à son retour de la Fête de l’Humanité, Élie Domota, le porte-parole du collectif, a tiré argument de cet avis de l’Autorité de la concurrence pour appeler à la mobilisation. Tout en prenant ses distances avec les conclusions de cette étude : « Ces rapports prétendent aussi qu’il n’y a pas assez de concurrence, qu’il faut plus de concurrence pour faire baisser les prix. Et là dessus monsieur Willy Angèle, président du MEDEF Guadeloupe, a déjà annoncé la couleur en affirmant qu’il voulait faire de la Guadeloupe le Singapour de la Caraïbe. À Singapour, c’est (…) le travail des enfants, il n’y a pas de couverture sociale, il n’y a pas de syndicats, les gens travaillent 40 heures et dorment debout. Voilà ce qu’ils nous proposent ! ». Des doutes sur les vertus de la « concurrence libre et non faussée » ? Rosa Moussaoui



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Le :Thu 12/24/2009 à : 09:48 AM