| Chat an sak ? | |  |
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| Par Jean-Claude Rodes | 04.02.2010 l 17h46 |
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| Chaque semaine, la rédaction CCN vous propose l'éditorial de notre confrère Jean-Claude Rodes, Directeur de l'hebdomadaire le "Progrès Social", journal disponible dans les points de vente habituels. Le titre de l'édito est choisi par la rédaction de CCN. | |
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| Après le scrutin du 10 janvier et les terribles désaveux du 74, les deux départements d’Outre-mer ont voté le dimanche 24 janvier encore dans le même sens. 70% de oui pour la Martinique, 57% pour la Guyane pour l’érection cette fois, d’une collectivité unique regroupant les prérogatives du Conseil régional et du Conseil général. Cette collectivité sera régie dans le cadre de l’article 73 rénové de la Constitution. Il est à noter qu’avec la modification de la Constitution en Juin 2008 et l’ajout du dernier alinéa à l’article 73, il s’agit là, d’un véritable copier-coller, avec d’insignifiantes nuances, du projet pré-senté à l’occasion du référendum de décembre 2003. Tous les tenants du NON de 2003 qui avaient lancé le fameux slogan «chat an sak» se retrouvent devant la même situation. Car c’est bien le gouvernement (et le Parlement) qui va rédiger la loi ordinaire chargée de définir le mode de fonctionnement de cette nouvelle collectivité. Il s’agira surtout de fixer le nombre de conseillers, l’administration de la collectivité, la formation de l’exécutif, les modalités d’action de la collectivité. Contrairement à ce qui était prévu en 2003, cette loi ne sera pas réellement négociée avec les élus. D’autant, que le délai de mise en œuvre de la loi (deux ans pour la rédaction, deux ans pour lancer la nouvelle collectivité) va coïncider au mois près avec la mise en route de la réforme Sarkozy sur les conseillers territoriaux. Il est à noter que cette dernière réforme devrait également modifier en Guadeloupe le fonctionnement des deux collectivités locales dans le sens aussi d’une unification. En comparant les deux votes, celui de 2003 et celui de 2010, on constate que le projet rejeté en 2003 et présenté comme un saut dans l’inconnu, est, dans une indifférence quasi générale, devenue en 2010 d’une indiscutable évidence.
On comprend dès lors le vrai sens de l’abstention massive des électeurs martiniquais et surtout Guyanais.
En fait le vrai débat aura porté non pas sur l’Assemblée unique, sur la-quelle, quasiment tout le monde était d’accord, mais bien sur l’article 74 et l’opportunité d’accéder à plus d’autonomie. Dans un contexte de crise mondiale et de morosité avec une baisse de la croissance économique, le vote des Martiniquais et des Guyanais à cet égard était clair : pas maintenant. Reste donc aux élus qui souhaitent accéder à cette autonomie, à préparer leurs pays respectifs à assumer ce surplus de responsabilité. Mais la responsabilité ne se décrète pas. Cela se saurait. Est-elle d’essence économique ou politique ? Les peuples répondent dans l’urne. N’en déplaisent aux déçus.
Vox populi. Vox déi !
RJC |  |
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